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Mis sur pied en janvier 1946 conformément à la déclaration de Postdam, le Tribunal militaire international pour l'Extrême-Orient a pour objectif de juger les personnes responsables de crimes de guerre, de crimes contre la paix et de crimes contre l'humanité à l'instar du procès de Nurem-berg en Allema-gne. Présidé par l'Australien William Webb, le tribunal débute ses travaux le 3 mai 1946 pour juger 28 anciens dirigeants politiques et militaires désignés criminels de guerre de classe "A". Sur les 28 prévenus, 25 ont effectivement été jugés - deux sont décédés au cours de la procédure et un a été interné pour troubles mentaux - et ont été reconnus coupables et condamnés en novembre 1948 soit à la peine capitale (7), à la réclusion criminelle à perpétuité (16), à 20 ans de prison (1) ou à 7 ans de réclusion (1). Les condamnés à mort ont été exécutés en décembre 1948, les autres ont été relâchés tout au long des années 1950. Reflet de la politique ambiguë menée par les Etats-Unis dans l'Archipel, le Tribunal de Tokyo n'a pas manqué de susciter des critiques dans la mesure où une partie des crimes commis par le Japon en Asie n'a pas été prise en compte et où l'empereur n'a jamais été mis en cause. Dès lors, on peut se demander si ce demi-procès n'a pas eu pour conséquence de laisser subsister des doutes sur la culpabilité du Japon et de favoriser au fil des ans la montée du révisionnisme.
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Claude Leblanc
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