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Si dans un siècle, une nouvelle chronique est entreprise sur le Japon, quel événement retiendra-t-on pour l'année 1999 ? A bien y réfléchir, il est probable que le succès phénoménal d'Utada Hikaru, jeune chanteuse de 16 ans, figurera en bonne place en raison de son envergure et de sa signification. En effet au-delà de la vente de son premier album First Love (Toshiba-EMI), sorti en mars 1999, qui a dépassé les 7,5 millions d'exemplaires, le record absolu au Japon, Utada est l'archétype de la nouvelle génération d'artistes et le miroir des changements intervenus chez les jeunes Japonais depuis une dizaine d'années. A la différence de la plupart des chanteuses et des chanteurs dont la carrière a été le fruit d'une longue réflexion marketing, la jeune fille traduit une certaine fraîcheur et un esprit d'initiative peu communs qui ont largement contribué à sa fulgurante notoriété. Après des années de culture des "idoles", ces artistes sans relief, Utada, son franc-parler et sa simplicité ont fait sensation au point de créer une division dans la société entre les anti et pro Utada, les uns estimant qu'elle est l'insolence personnifiée, les autres la considérant comme l'expression de leur idéal de vie. Cette opposition traduit le fossé qui sépare de plus en plus les jeunes de la génération de leurs parents et le manque de dialogue dans la société japonaise.
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Claude Leblanc
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