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A peine remis du choc lié au séisme de Kobe du 17 janvier qui a fait plus de 5 500 victimes, les Japonais subissent un second traumatisme avec l'attentat au gaz sarin dans cinq rames du métro de Tokyo, qui provoque la mort de 12 personnes et en intoxique plus de 5 000 autres. Dans les heures qui suivent, la police oriente ses soupçons vers une secte d'obédience bouddhiste, Aum Shinrikyô (Aum Vérité suprême), déjà mise en cause dans des incidents liés au gaz sarin. L'hypothèse des autorités se transforme vite en certitude après la découverte, dans les locaux appartenant à la secte, d'un arsenal de guerre et de produits chimiques en quantité suffisante pour produire des milliers de tonnes de sarin. Le choc est encore plus grand quand le grand public apprend avec stupéfaction que la plupart des responsables de la secte sont des jeunes diplômés issus parfois des meilleures écoles. Ces derniers, qui n'ont connu que la société de consommation et son matérialisme, sont avides de spiritualité. Aum, comme la dizaine d'autres sectes formées au cours des années 1980, répond à ce désir d'autant que la société semble sourde à cette attente. Dans un pays où les mouvements politiques sont moribonds, seules les nouvelles religions captent l'attention des jeunes en quête d'un engagement. Celui prôné par Aum est extrême, mais il aura eu l'avantage de faire prendre conscience du malaise latent existant dans la société japonaise.
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Claude Leblanc
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