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Le décès de l'empereur Hirohito le 7 janvier 1989 met fin à la fois à l'ère Shôwa entamée en 1926 et à plusieurs mois de suspens au cours desquels le pays a vécu au rythme des bulletins de santé de l'Agence de la Maison impériale. La disparition du dernier dirigeant survivant de la Seconde guerre mondiale marque l'entrée du Japon dans une nouvelle ère, Heisei (Accomplissement de la paix), dont la tradition veut que son nom soit tiré de classiques chinois. Le nouveau souverain du pays, Akihito, dont le rôle de symbole national est défini par la Constitution, veut se rapprocher de son peuple, à la différence de son père qui a conservé une image de personnage hors du temps. Le nouvel empereur, dont le mariage en 1959 avait été l'un des premiers grands événements télévisés au Japon, a une vision moderne de sa fonction, même s'il reste soumis aux fonctionnaires de l'Agence de la Maison impériale. Le changement de règne est aussi l'occasion d'une évolution des médias et de l'opinion publique à l'égard de la Maison impériale, longtemps restée un sujet tabou. S'il est difficile de parler de "démocratisation" de l'institution, il est certain qu'elle s'humanise comme le reflètent les mariages des deux princes, en 1990 et 1993, qui ont suscité un engouement populaire très important. Cela n'empêche pas de nombreuses voix de s'élever pour critiquer une fonction entachée par les années sombres de la guerre.
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Claude Leblanc
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