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Alors que le Japon retrouve avec fierté sa place dans la communauté internationale, les Jeux olympiques organisés l'année précédente ayant marqué avec éclat ce retour, Ienaga Saburô, professeur à l'Université pédagogique de Tokyo (Tôkyô Kyôiku Daigaku) et auteur d'un manuel d'histoire du Japon, intente un procès contre l'Etat japonais pour les contrôles que celui-ci exerce sur le contenu des livres scolaires notamment des manuels d'histoire. L'absence de transparence dans le processus d'approbation du contenu par le ministère de l'Education nationale contribue à favoriser les partis pris historiques concernant les responsabilités japonaises dans certains épisodes de la Seconde guerre mondiale. Le renforcement du contrôle en 1955 puis en 1982 suscitera de vives réactions à l'étranger, en particulier en Chine et en Corée, obligeant le gouvernement japonais à assouplir ses règles et à faire preuve de plus de transparence dans l'exercice de son droit de regard sur les manuels scolaires. Le procès intenté par Ienaga Saburô, qui réclame à l'Etat des compensations pour "entraves à la liberté d'enseigner", va connaître de nombreux rebondissements et prolongements, lesquels aboutiront, en août 1997, à une décision de la Cour suprême favorable à l'historien. L'affaire en elle-même montre à quel point le Japon a du mal à regarder son passé en face.
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Claude Leblanc
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