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Longtemps négligée, l'agriculture japonaise qui n'a guère connu de changements depuis la fin du siècle dernier connaît de profonds bouleversements au lendemain de la Seconde guerre mondiale avec notamment la réforme agraire initiée par les Américains en 1946 et l'industrialisation de l'Archipel dans l'immédiat après-guerre. Pendant de nombreuses années, l'agriculture a été synonyme de pauvreté et les mouvements de révolte - le dernier en date remontant à 1918 - ont illustré les difficultés auxquelles étaient confrontés les paysans japonais (surpopulation, travail harassant). Avec le retour de la croissance, les besoins de l'industrie en main-d'œuvre ont provoqué un début d'exode rural compensé par une mécanisation de l'agriculture. C'est pour accompagner ce mouvement que le gouvernement initie en 1961 une nouvelle loi d'orientation agricole (Nôgyô kihonhô) destinée à favoriser un remembrement et à moderniser un secteur encore sous-développé. Malgré les bonnes intentions gouvernementales, le nombre des foyers agricoles reste important, le travail de la terre étant assuré par les femmes tandis que les hommes partent travailler dans les grandes villes. Dès lors, la survie de l'agriculture ne tient qu'au soutien des pouvoirs publics qui ne parviendront jamais réellement à réformer un secteur encore malade de nos jours.
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Claude Leblanc
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